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Les maladies à transmission vectorielle

Une maladie à transmission vectorielle est une maladie pouvant être transmise par un vecteur, qui peut être un moustique.

Tous les moustiques ne transmettent pas des maladies. A l’heure actuelle, la Corse peut potentiellement être concernée par trois maladies vectorielles : le paludisme, le chikungunya et la dengue.

Quelques informations sur les moustiques

Seule la femelle du moustique pique, car elle utilise le sang pour le développement des œufs. Elle est attirée par les mouvements, la forme, les couleurs, le dioxyde de carbone (CO2), les odeurs, la chaleur.

Un moustique a besoin d’eau pour se développer (voir l’infographie). De ce fait, le meilleur moyen de lutter contre les moustiques, qu’ils soient nuisants ou potentiellement vecteurs de maladies, est de supprimer l’eau stagnante, dans laquelle ils peuvent se développer.

Le paludisme

Le paludisme (ou malaria) est une parasitose (parasite du genre Plasmodium) transmise par les moustiques du genre Anopheles. Ceux-ci vivent principalement en milieu rural. Étant donné la baisse de population humaine en milieu rural et la baisse des populations d’anophèles (assèchement de certaines zones de reproduction, lutte permanente sur leurs larves), le contact Anopheles/humain est moins fréquent qu’auparavant. C’est un moustique qui pique en fin de journée ou pendant la nuit.

Il n’y a plus eu d’épidémies de paludisme en Corse depuis 1972, le dernier cas autochtone remontant à 2006. La Corse est donc en situation d’anophélisme sans paludisme. Dans les années à venir, il pourrait y avoir très ponctuellement des cas. Les scientifiques excluent cependant tout risque d’épidémie dans les conditions actuelles.

Le chikungunya et la dengue

Ces deux maladies, dont les symptômes sont les mêmes, à savoir principalement une forte fièvre, associée à des douleurs articulaires, sont dues à des virus.

Ces maladies virales peuvent être transmises par le moustique de l’espèce Aedes albopictus, communément appelé moustique tigre. Celui-ci est durablement implanté en Corse depuis 2006.

La carte présente l’étendue de la colonisation connue à la fin de la saison 2012. À proximité de la Corse, on retrouve le moustique en Italie, dans le sud de la France continentale, dans une partie de la Sardaigne.

Ce moustique peut piquer toute la journée, avec une prédilection pour le matin et le soir. Il reste préférentiellement à l'extérieur des habitations. Son "rayon d'action" est d'une centaine de mètres. Il arrive cependant à se déplacer grâce au transport passif (via des véhicules), la colonisation suivant ainsi les routes. Du fait de son faible rayon d'action, ce moustique vit à proximité des personnes. Il se reproduit dans des gîtes en eau à l'extérieur des habitations et sur les balcons (coupelles de pot de fleur, brouettes, jouets d'enfant, etc.). Chacun est donc à l'origine de sa propre nuisance. 

Pour que le moustique puisse transmettre le chikungunya ou la dengue, il faut que les virus soient présents, ce qui n’est pas le cas en France métropolitaine. Il n'y a donc pas de risque particulier d'attraper l'une de ces maladies. Pour éviter l’introduction des virus, des actions sont mises en place.

les différents acteurs et leurs rôles

Le principal acteur de la lutte contre les moustiques, qu’ils soient simplement nuisant ou potentiellement vecteur de maladies est l’ensemble des particuliers. En effet, la plupart des moustiques se développent dans les petits gîtes que l’on a sur le balcon ou dans le jardin (soucoupes de pots de fleurs, jouets abandonnés, etc.).

Les autres acteurs :

- l’ARS a en charge le pilotage de la politique de lutte antivectorielle, le suivi entomologique, la surveillance épidémiologique, ainsi que la communication ;

- les Conseils généraux effectuent les actions de lutte opérationnelles, principalement antilarvaires, mais aussi antiadultes en cas de besoin (zones nouvellement colonisées, présence de cas de malades virémiques sur le territoire). En partenariat avec l’ARS, ils ont en charge la communication ;

- les maires doivent veiller au bon respect de la réglementation, via leurs pouvoirs de police.

Comment se prémunir ?

La principale mesure pour se prémunir des moustiques est de supprimer les gîtes (réceptacles pouvant contenir de l’eau et favorisant par la même le développement des moustiques). Il faut donc, suivant le type de gîte :

- les éliminer : petits gîtes, objets abandonnés, comme des seaux, cuvettes, arrosoirs, de la vaisselle, etc...

- les vider toutes les semaines ou les remplir de sable : soucoupes de pots de fleurs ;

- les équiper de dispositifs (tulle moustiquaire par exemple) empêchant les moustiques de pouvoir pondre : réservoirs d’eau ;

- les empoissonner, s’il s’agit de bassins ;

- veiller au bon entretien des gouttières, des piscines (chloration et filtration), de l’assainissement, qu’il soit individuel ou collectif. Un mauvais état de l’assainissement peut être source de très fortes nuisances, notamment de la part des moustiques du genre Culex.

En parallèle, il peut être utile de se protéger des piqûres :
- appliquer des produits anti-moustiques (voir avec votre médecin ou votre pharmacien),

- se protéger avec des vêtements couvrants et amples

- protéger les nouveau-nés et les plus jeunes avec des moustiquaires

Coupez l'eau aux moustiques : les bons gestes en images
Comment prévenir l'apparition de cas ?

Depuis 2006 et le développement des risques liés aux arboviroses, en particulier le chikungunya et la dengue, la direction générale de la santé élabore annuellement une circulaire permettant de cadrer les actions à mettre en place afin de faire face à ces risques dans les départements colonisés par le moustique Aedes albopictus.

Suite à cette directive, un dispositif de signalement accéléré a été mis en place dans les départements concernés et donc en Corse. Le système de surveillance épidémiologique mis en place permet la détection rapide de cas importés, afin de les soustraire au risque de piqûre. Durant la saison favorable au moustique (du 1er mai au 30 novembre), les médecins suspectant un cas de chikungunya ou de dengue provenant des zones où ces maladies sont présentes (chikungunya, dengue), doivent le signaler à l’ARS, sans attendre la confirmation. Cela permet en outre, si besoin, d’effectuer des actions de lutte antivectorielle opérationnelles dans les différents lieux de vie de la personne le plus tôt possible afin d’éliminer les moustiques qui auraient pu la piquer avant la visite chez le médecin et éviter ainsi des cas de transmission secondaire.

Par ailleurs, si vous revenez de voyage dans des zones où les virus circulent, si vous avez de la fièvre et des douleurs articulaires, consultez votre médecin.