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Plan d'actions contre la bilharziose

Plusieurs cas de bilharziose urogénitale ont été diagnostiqués fin avril chez des personnes s’étant baignées dans la rivière Cavu. Comme annoncé par l’ARS de Corse dès le 14 mai, la Direction Générale de la Santé (DGS) a saisi le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) pour évaluer les risques liés à cette infection et disposer de recommandations sur la conduite à tenir vis-à-vis des populations exposées.

L’ARS de Corse, en lien étroit avec la DGS et la préfecture de Corse, a ainsi pu établir un plan d’actions, tant sur le  le volet environnemental que sanitaire.  En voici les principales mesures :

Volet environnemental

Certaines personnes peuvent porter la maladie sans en présenter de symptômes - et donc rejeter le parasite dans leurs urines. L’ANSES recommande

de ne pas uriner dans l’eau des plans et cours d’eau afin de ne pas initier ou pérenniser la transmission de cette maladie et d’interrompre le cycle de cette maladie.

- d’éviter tout contact avec l’eau d’un plan ou d’un cours d’eau dont la contamination a été confirmée.


Il a ainsi été décidé :

d’interdire la baignade et tout contact cutané dans la rivière Cavu  afin d’éviter un risque d’exposition des personnes fréquentant le cours d’eau où la présence de bulins a été mise en évidence et en raison de cas avérés de bilharziose urogénitale imputables à un contact avec l’eau du Cavu ;
- poursuivre l’étude malacologique entreprise par le CNRS dans les cours d’eaux de l’extrême Sud de la Corse ;
- rechercher la présence du bulin dans les autres cours d’eau de Corse
- Surveiller l’éventuelle infestation des bulins trouvés par le parasite de la biharziose

Volet sanitaire

Le HCSP recommande de pratiquer un diagnostic chez toutes les personnes exposées, c'est-à-dire ayant eu un contact cutané, même bref, avec de l’eau de la rivière Cavu en Corse du Sud (proche de Porto-Vecchio) entre 2011 et 2013 sur une période allant de juin à septembre.

Les personnes exposées devront consulter leur médecin traitant. Ceci  sans caractère d’urgence, puisque les complications ne surviennent qu’à long terme. Le dépistage se fera par une simple prise de sang. Un traitement antiparasitaire par voie orale en une prise sera prescrit par le médecin en cas de positivité des résultats.
Ces examens et traitement sont pris en charge par la sécurité sociale.

Sont considérées comme prioritaires pour cette recherche les personnes exposées et présentant des symptômes (difficultés urinaires, sang dans les urines…) et/ou ayant des contacts répétés avec l’eau de cette rivière, de par leur profession par exemple.

Qu'est ce que la bilharziose ?

La bilharziose urogénitale est une maladie due à l’infestation par un ver parasite (Schistosoma haematobium) présent dans l’eau douce. L’infection humaine se produit lors d’un contact diurne avec des eaux douces infestées.
Les larves de vers, libérées par l’escargot hôte (le bulin) vivant dans l’eau, pénètrent chez l’homme en se frayant un passage à travers la peau. La plupart du temps, l’infection est asymptomatique et passe inaperçue. Sans traitement, les larves peuvent persister des années dans l’organisme et entraîner des complications. Afin d’interrompre le cycle du parasite, il est important de rappeler à la population la nécessité de respecter les mesures d’hygiène élémentaires et notamment d’éviter d’uriner  directement dans les eaux douces.